Il fallait un circuit exceptionnel pour le premier parcours cyclotourisme griffé de l’île Maurice. Laurent Jalabert avec le « Look » signe ni plus ni moins qu’une incursion extraordinaire dans tout ce que l’île Maurice a à proposer d’authentique.
Aller au plus près des pépites écologiques, historiques et culturelles de l’île Maurice en s’adonnant à son sport favori était l’ambition majeure du champion cycliste français quand il a commencé à jeter l’ébauche de ce parcours unique. « Look » est à la hauteur de ce désir. Découverte…
C’est Malcom de Chazal, qui disait que « La pensée voyage à la vitesse du désir ».
Le grand poète Mauricien aurait sans doute été sensible que le désir de découverte de l’intérieur de l’île Maurice prenne sa source sur la plage « Les Filaos », au Morne Brabant, là où il aimait tant se promener et où a probablement pris naissance bon nombre de ses écrits.
Située au pied de la Montagne du Morne, inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO, entre les hôtels Les Pavillons et Dinarobin, la plage « Les Filaos » est le point de départ de cette aventure au grand air pour aller à la découverte de l’île Maurice.
L’hôtel « Paradis » et ses fairways immaculés, parfaitement intégrés dans la nature, et son panorama sur la pointe de l’Harmonie, mènera les cyclotouristes vers « La Gaulette », son église et son magnifique multipliant (à dr.), Case Noyale et son allée de « Flamboyant » qui fleurissent de novembre à janvier.
A partir de l’église de Case Noyale, où le cardinal Jean Margéot a été pasteur, c’est une lente ascension vers le bonheur. Les routes en lacets mènent vers Chamarel et Plaine Champagne. Prévoyer des arrêts fréquents car les panoramas, sur la côte sud-ouest de l’île, sont époustouflants.
Cette route, dont le premier tracé remonte à 1822, mène au village de Chamarel, célèbre pour son « Fancy fair » annuel de la Ste-Anne, ses artisans-artistes, ses tables d’hôtes et l’incontournable « Terre de 7 couleurs » (1)
Le village de Chamarel, situé à 300 mètres d’altitude, tient son nom de la concession que la Compagnie des Indes avait faite à Antoine Régis de Chazal de Chamarel, écuyer du roi.
A 300 mètres de la sortie du village de Chamarel, installée au milieu de champs d’ananas « Victoria », et des champs de canne, la Rhumerie de Chamarel, le nouveau temple du rhum agricole mauricien.
Dégustation de rhums agricoles distillés sur place, visites guidées, boutique, mettent en avant les produits locaux et un restaurant « L’Alchimiste », à la carte évolutive, raffinée, plonge ses racines dans le terroir mauricien : la rhumerie est une expérience touristique en elle-même. À ne pas rater.
La montée vers Plaine Champagne, qui se mérite, permet également de découvrir d’autres hauts lieux de la gastronomie mauricienne : Varangue sur Morne, Domaine de Saint Denis. Si vous avez l’esprit curieux, le Musée du Bois (à côté de Varangue sur Morne) vous permettra d’être incollable sur le bois, sa transformation et sa place dans notre vie.
Une fois le dernier lacet de cette lente montée effacée, place au Parc National des Gorges de la Rivière Noire, le cœur vert de l’île Maurice. Avec ses 50 km de sentiers et ses six ballades balisées, le parc de la Rivière Noire est le lieu favori des randonneurs. Il protège les forêts indigènes de Maurice sur plus de 6.500 hectares, offre aux visiteurs la chance d'admirer des paysages magnifiques, de voir quelques plantes et des espèces d'oiseaux endémiques.
On retrouve dans le Parc National, 163 des 311 espèces végétales endémiques, ainsi que 28 espèces d’oiseaux endémiques, uniques au monde et protégés, dont plusieurs ont été sauvées d’extinction, que vous aurez peut-être la chance d’apercevoir. Parmi ces espèces d’oiseaux rares et protégés qui vivent uniquement dans le Parc des Gorges de la Rivière Noire : le pigeon des mares, la crécerelle et le gros ‘’cateau vert’’.
C’est un véritable boulevard ceinturé de vert qui vous mènera vers le « view point » (à gauche) qui offre une vue imprenable sur les Gorges et Alexandra Falls (à droite, au bout d’un petit sentier à travers bois). Cette belle cascade a été nommée d’après la princesse Alexandra qui visita l’île Maurice en 1969. On peut également y admirer des plantes endémiques comme le tatamaca ou le bois de natte, et des oiseaux uniques à Maurice tels que le paille-en-queue et le gros “cateau-vert”. Avec un peu de chance…
Cap ensuite sur Forest Side, à la sortie de Curepipe, ou trône (à g.) la Maison des Aubineaux, ancienne demeure coloniale, construite en 1872, première étape de la « Route du Thé », une excursion en trois étapes pour découvrir l' histoire de l'ile Maurice et ses saveurs.
La descente rapide, dans la circulation qui n’est jamais intense, passe devant l’entrée du « Domaine des Sept Vallées », un des projets éco-touristiques les plus aboutis de l’île Maurice avant d’entrer dans la zone d’influence de « Nouvelle France », village créé lors de l’occupation de l’île par la France. Après Beau Climat, qui mérite son nom et Grand Bois, qui fait sans doute référence autant à l’impressionnante ceinture verte de Nouvelle France et la tradition de chasse dans la région, on arrive à Bois Chéri, deuxième étape de la « Route du Thé ».
Avec ses plantations de thé à perte de vue, son usine et son Musée, où, entre autres sont exposés des services à thé du 19e siècle, Bois Chéri mérite une pause. Arrosé de thés qui sont désormais connus à travers le monde.
L’on descend ensuite doucement vers Ganga Talao, le plus important lieu de pélerinage des Mauriciens de foi hindoue. Plus de 500 000 pèlerins vêtus de blanc se rendent au lac sacré de Grand Bassin, chaque année (en février ou en mars) en arborant un « kanwar », portique décoré de guirlandes, de miroirs et de portraits de Shiva. Ils se purifient dans les eaux bénies du lac. Ce haut lieu du spiritualisme, qui appelle à l’élévation de l’âme, est devenu également une attraction touristique majeure.
Retour, ensuite, vers Le Pétrin, où se trouve un centre d’information sur le Parc National de la Rivière Noire, sur une route exceptionnellement large sur 2,4 km. Le parcours bifurque ensuite à gauche pour descendre vers Bassin Blanc, un lac de cratère parfaitement préservé et qui renferme une faune et une flore uniques.
C’est ensuite une grande descente vers le sud de l’île. À perte de vue des panoramas, sur la côte sud-est d’abord à partir de Chamouny, sur le sud ensuite, époustouflants ; autant d’espaces d’évasion et de rêve.
Sur cette côte chargée d’histoire, les paysages les plus divers vont se succéder à rythme soutenu. Champs de canne à perte de vue . La Rivière des Galets, où il faut absolument s’arrêter pour se laisser porter par le roulement magique des galets sous l’effet des vagues. La magnifique baie du Jacotet, où la première tentative de la prise de l’île par les Anglais eut lieu, et l’îlot Sancho. Enfin, comme une promesse de tranquillité, Bel Ombre que l’on atteint par une magnifique allée de palmiers.
Bel Ombre, où le tourisme se développe de manière harmonieuse, c’est aussi son imposant château, une imposante demeure coloniale du XIXe siècle convertie en restaurant, et son parcours de golf de 18 trous.
Jadis refuge de marins, puis domaine de plantations pendant deux siècles, Bel Ombre, dont les origines remontent à 1765 est un lieu chargé d’histoire. C’est l'écrivain Bernardin de Saint-Pierre qui fut le premier à mentionner l'endroit en 1773, dans son « Voyage à l'Isle de France ». Parmi les autres personnages célèbres liés à Bel Ombre : le botaniste Nicolas de Céré visita les lieux en 1782, et l’explorateur Matthew Flinders qui, de retour d’Australie en 1803 y fut emprisonné pour… espionnage !
En quittant Bel Ombre, le parcours emprunte ce que l’on peut considérer comme la plus belle route côtière de l’île Maurice. Avec ses villages de pêcheurs, ses maisons bigarrés, et à la douceur de vivre palpable : Baie du Cap, Le Morne, un lagon aux couleurs sans cesse changeantes, et la plage publique de La Prairie, quasiment déserte en semaine mais qui a la particularité de s’ouvrir magnifiquement sur l’horizon.
Cette plage, qui ne possède pas un bain extraordinaire, renferme quelque chose de magique, d’indicible. Le romancier Paul-Jean Toulet (3) aurait pu y écrire son fameux poème « Douce plage où naquit mon âme » sans qu’on y trouve à en redire.
En quittant Le Morne village, où vivent probablement les descendants des premiers esclaves « marrons » de l’île Maurice, il faut attaquer une montée rude qui mène vers « Le Morne Plage ». Mais « l’ascension » se mérite : sur sa crête une nouvelle vue panoramique sur le sud-ouest et l’îlot Bénitier, un des endroits les plus prisés à l’île Maurice pour les excursions.
En route ensuite pour la plage « Les Filaos » qui, entre le départ et l’arrivée, est longé de filaos qui font le charme et la beauté de ce parcours.
Si vous arrivez en fin d’après-midi, c’est un coucher de soleil éblouissant qui sera à l’accueil. Car l’île Maurice c’est avant tout un festin de couleur.
Que la petite reine fait découvrir comme jamais auparavant…
Mauritius, c’est un plaisir
Jean-Joseph Permal





